Enquête de l’UNEF sur le coût de la vie étudiante à Caen

Une année toujours plus chère pour les étudiants : + 1,1%

Pour la rentrée 2015, le coût de la vie étudiante augmentera de 1,1%, un chiffre cinq fois supérieur à celui de l’inflation. Pour que cette hausse du coût de la vie étudiante ne se traduise pas par un renforcement de la sélection sociale dans l’accès à l’enseignement supérieur, l’UNEF demande au gouvernement de réagir dès la rentrée. Il ne serait pas acceptable que la rentrée 2015 soit la première du quinquennat (+8,4% depuis le début du mandat) sans aucune mesure pour soutenir le pouvoir d’achat étudiant. Le syndicat étudiant revendique un plan d’action social qui concerne l’ensemble de la vie étudiante et comporte un investissement dans le système de bourses.   L’augmentation du coût de la vie étudiante est d’autant plus problématique que le gouvernement n’a pour l’instant prévu aucune mesure sociale pour la rentrée. Après la réforme du système d’aide sociale du début du quinquennat, il reste pourtant beaucoup à faire : seulement 1/4 des étudiants sont boursiers alors que 1/3 d’entre eux ne bénéficie d’aucune aide financière de leurs parents.

 

Baisse des subventions aux collectivités : un risque d’augmentation du coût de la vie

L’État porte une responsabilité dans cet affaiblissement de la capacité des collectivités à permettre à tous de faire des études. L’absence de politique universelle en terme d’aides sociales (seul un quart des étudiants est boursier) crée des inégalités que villes et régions ne peuvent que difficilement compenser. De plus, la baisse drastique des subventions aux collectivités territoriales vient saper les capacités des collectivités à investir davantage pour les jeunes, d’où certaines augmentations dans les transports. La décision de fusionner les régions remet également en cause certains dispositifs développés par celles-ci. En cas de fusion entre une région proposant une aide et une autre ne la proposant pas, le risque est grand pour les étudiants de voir tout simplement l’aide disparaitre. Dans le cas de la future grande région Champagne-Ardenne/Lorraine/Alsace, les deux premières versaient un chèque santé de 75 ou 80 euros par an à tous les étudiants boursiers, la dernière ne mettait en place aucun dispositif. Quel sera l’avenir du chèque santé sur ce territoire ?

Les chiffres de l’enquête de l’UNEF pour Caen

Environ 30 000 jeunes étudient dans la ville normande. Un peu plus de 20 000 s’inscrivent à l’Université de Caen Normandie chaque année, les autres se répartissent entre les BTS, les CPGE et les écoles (École de Management, de Commerce, prépa Santé…).   L’enquête prend en compte les frais d’inscription à l’Université car ils concernent la majorité des étudiants caennais (université et CPGE). Les étudiants des écoles privées font eux face à des frais d’inscription bien supérieurs. Capture d’écran 2015-08-21 à 16.08.52


 

Les études : un coût des études de plus en plus difficile à supporter pour les familles

Avec les trois quarts des étudiants exclus du système de bourses, la France fait majoritairement reposer le financement des études sur le dos des familles plutôt que sur la solidarité nationale. Ce système ne répond cependant pas à la réalité de la crise que subissent les familles. 1/3 d’entre elles ne financent déjà pas leurs enfants pour leurs études, et pour cause : l’évolution trop faible du salaire et l’augmentation du chômage ne permettent pas de compenser l’augmentation du coût de la vie. Le coût des études représente 40% du revenu médian. Dès lors, les familles touchant moins que le salaire médian sont 65% à ne pas aider financièrement leur enfant pendant ses études. – 1/3 : proportion des familles qui n’ont pas les moyens d’aider financièrement leur enfant étudiant – 48% : proportion du coût moyen des études par rapport au revenu médian

Le salariat étudiant comme conséquence de la précarité

Face à l’augmentation continue du coût de la vie, les étudiants doivent compenser pour boucler leurs fins de mois. Le salariat étudiant est pourtant en contradiction avec l’accès et la réussite de tous à l’enseignement supérieur. D’une part, travailler est directement inconciliable avec un certain type d’études : 37% des étudiants ne travaillant pas déclarent y être contraints par un manque de temps. Pour un étudiant pour qui travailler est indispensable pour vivre, choisir des filières avec de forts volumes horaires tels les BTS, IUT ou classes préparatoires est donc impossible. D’autre part, travailler ampute les chances de réussite. Un étudiant salarié consacre jusqu’à 11h de moins à ses études qu’un étudiant non salarié, avec pour conséquence un taux d’échec deux fois plus élevé. Plutôt que d’investir dans les aides sociales, le gouvernement envoie les étudiants vers l’échec.


 

 

Les revendications de l’UNEF pour un plan d’action sociale à la rentrée :

–      Un élargissement du système d’aide sociale pour donner accès aux bourses aux 150 000 étudiants dont le revenu des parents est inférieur au revenu médian mais qui n’ont droit à aucune aide

–      Une revalorisation des bourses de 5% pour compenser la perte de pouvoir d’achat des étudiants boursiers depuis le début du quinquennat

–      Un doublement (de 8 000 à 16 000) des aides d’urgence à destination des étudiants autonomes de leurs parents

–      Un investissement dans le service public des CROUS pour lui permettre de remplir ses objectifs de construction de logements étudiants et garantir une restauration universitaire à tarif social

–      L’élargissement de l’encadrement des loyers aux principales villes universitaires

–      La généralisation d’un demi-tarif étudiant dans les transports en commun


 

Classement

Pour la première fois, l’UNEF classe les principales villes universitaires en fonction de leur coût de la vie. Quatre facteurs sont pris en compte :

– Un socle fixe, comprenant l’alimentation, les charges, les livres, le téléphone et les loisirs, d’après les données de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE)

– Les loyers moyens des logements étudiants de la ville, mesurés chaque année par Locservice.fr

– Le coût mensuel des transports, en fonction des tarifs pratiqués par chaque ville, pondéré par la part de boursier/non-boursier en cas de tarifs différenciés

– Les aides financières directes à destination des étudiants (chèque santé, chèque vacances et chèque d’aide au logement), pondérées par le poids des publics bénéficiaires

 

Pour Caen : 739,80 €/mois

–      330€ socle fixe de l’OVE

–      377€ loyer moyen

–      32,80 € abonnement mensuel de Twisto

 

Classement
1 Paris 1 124,33
2 Saint Quentin 987,41
3 Saint Denis 985,41
4 Lyon 842,67
5 Marseille 819,33
6 Lille 813,54
7 Montpellier 811,25
8 Bordeaux 805,42
9 Strasbourg 796,17
10 Toulouse 773,42
11 Rennes 746,42
12 Nantes 744,92
13 Grenoble 743,75
14 Dijon 743,25
15 Nancy 742,44
16 Caen 739,80
17 Metz 735,63
18 Tours 728,77
19 Orléans 726,92
20 Clermont 709,97
21 Brest 679,95

 


Focus thématique

Logement

Avec un loyer moyen à 377€, Caen se place à la 18ème place du classement.   Alors que la distance moyenne d’un site universitaire est de 150 km, l’accès à un logement autonome est souvent indispensable à la poursuite d’études. Selon l’Observatoire de la Vie Étudiante, deux tiers des étudiants sont ainsi décohabitants. Le loyer est pourtant le premier poste de dépenses des étudiants : il représente plus de la moitié du budget. Dès lors, chaque augmentation est un coup dur pour le portefeuille des étudiants et remet en cause leur capacité à suivre des études. Le montant des loyers est ainsi le premier facteur d’inégalité sur le territoire : de 795€ par mois à Paris à 332€ à Brest, en passant par 468€ à Bordeaux. Il est cependant possible de lutter contre le montant sans cesse plus élevé des loyers. Malgré le renoncement à l’application généralisée de l’encadrement des loyers, la mairie de Paris a fait le choix de le mettre en place à partir de cette année : le niveau des loyers stagne pour la première fois dans la capitale, plus grande ville universitaire. A contrario, le reste des villes, n’ayant pas fait ce choix, voient des augmentations : +2,6% à Nancy, +2,4% à Tours ou encore +1,8% à Strasbourg. En moyenne, les loyers augmentent de 0,3% en province.   Pour s’attaquer durablement au loyer, première raison de la précarité étudiante, l’UNEF revendique : – La généralisation de l’application de l’encadrement des loyers à toutes les villes universitaires – L’exonération des étudiants de la taxe d’habitation – La poursuite de la construction de logement étudiant dans le cadre du plan 40000 annoncé par le gouvernement

Transport

L’abonnement pour les transports en commun est à 32,80€/mois ou 295,20€/an à Caen avec trois mois offerts, ce qui la place en tête du classement.

Capture d’écran 2015-08-21 à 16.10.02

Prendre un abonnement aux transports en commun est un passage obligé de chaque étudiant pour pouvoir se déplacer au sein de sa ville universitaire. Il s’agit, après le loyer, du deuxième facteur différenciant le coût de la vie en fonction de la ville universitaire. A travers ce classement, l’UNEF révèle que les communes pratiquent des politiques très inégales envers les étudiants en la matière. Alors que Toulouse pratique un tarif annuel de 100 euros, il faut s’acquitter de plus de 335 euros à Brest : presque 4 fois plus ! Les tarifs étudiants font cependant les frais de l’austérité dans les collectivités territoriales. Ils augmentent de 2,6% en moyenne en province : +4,3% à Bordeaux, +16,8% à Clermont pour les non-boursiers, +18% à Lille avec la suppression programmée du tarif pour les étudiants boursiers. Une logique dangereuse commence de surcroît à s’instaurer : celle d’une différenciation des tarifs en fonction des revenus des parents. Ainsi, à Toulouse, le tarif de 100 euros pourrait être supprimé pour être remplacé par un tarif calculé en fonction du revenu des parents, augmentant ainsi le prix pour la grande majorité des étudiants et pénalisant les jeunes des classes moyennes qui sont indépendants de leurs parents. L’UNEF revendique la généralisation d’un demi-tarif étudiant pour les transports dans toutes les villes universitaires.

 

ANNEXE Tableau des calculs : CAEN

 

QU’EST CE QUE L’UNEF ?  

L’UNEF : Le syndicat étudiant

L’Union Nationale des Étudiants de France est la première organisation de jeunesse de France. Seul syndicat présent dans tous les établissements d’enseignement supérieur, l’UNEF est un acteur incontournable dans le paysage universitaire. Indépendante des partis politiques comme des gouvernements, l’UNEF intervient pour informer, défendre et représenter les étudiants.   Présente sur l’ensemble des Université de France, l’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France) est la première organisation syndicale étudiante. Indépendante des partis politiques, elle fonde son engagement autour de la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants.

Pour l’égalité, contre les discriminations !

L’UNEF intervient pour défendre l’égalité de tous face au savoir aussi bien en terme d’accès qu’en terme de réussite concrète de chacun et chacune. Pour cela, nous défendons l’idée d’une université démocratisée, gratuite, laïque et métissée dans le cadre d’un véritable service public de l’enseignement supérieur.

S’informer

Connaître ses droits, c’est pouvoir les défendre. C’est pourquoi l’UNEF organise pour ses adhérents des réunions d’information sur le fonctionnement de l’université, les modalités d’examens et de passage dans l’année supérieure… ceci dès la rentrée et tout au long de l’année. En plus, chaque adhérent reçoit le mensuel Étudiants de France, qui rassemble toute l’actualité universitaire, les réformes en cours, les droits nouveaux, les mobilisations…

Défendre nos droits

Seul le syndicat étudiant, l’UNEF défend les droits des étudiants au quotidien. Obtention d’une bourse, d’un logement au CROUS, règlement d’un problème d’examen…., l’action collective nous permet de faire respecter nos droits et d’en gagner de nouveaux.

La solidarité à l’université

L’UNEF, par le biais de ses coopératives est présente pour organiser de façon concrète la solidarité à l’université (bourse aux livres, photocopies, carte de réduction et de service ISIC …) mais aussi pour animer la vie des campus en organisant des conférences, des initiatives culturelles….

S’engager sur des questions de société

En tant qu’étudiants, nous voulons intervenir sur des sujets de société : lutte contre l’extrême droite, lutte pour les droits des femmes, contre la mondialisation libérale….

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